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CALL FOR PAPERS (PDF-document)
La guerre!
Appel à contributions du comité directeur de la SSS
Congrès de la Société suisse de sociologie à l’Université de Bâle
Mercredi 12 septembre - vendredi 14 septembre 2007
La guerre est la mère des sciences sociales. C’est de cette façon exemplaire que Thomas Hob-bes a formulé sa double question, relative d’une part aux conditions d’un ordre social pacifique face aux sujets de droit naturel agissant de façon égoïste, et d’autre part, de l’éveil religieux de militants de la foi réunis en communautés.
Ces questions, essentielles pour les sciences sociales, l’ont occupé en raison des cruautés indivi-duelles et collectives de l’époque des guerres civiles religieuses, les premières guerres modernes, parce qu’elles étaient totales. Il a observé que les parties en guerre civile, se basant sur leur vi-sion religieuse du monde, voulaient le meilleur monde possible d’un point de vue moral, mais que c’est justement ce type de pensée qui produisait le pire: l’homme, un loup pour l’homme. Hobbes a répondu à la question des conditions d’un ordre social pacifique en posant la nécessité d’un «Léviathan», d’un prince au pouvoir absolu, d’une part et d’autre part, de la stricte conscription des convictions religieuses dans la conscience intime de l’homme. Il a ainsi créé la légitimation de l’absolutisme.
Ses deux questions, tout comme ses réponses, sont d’actualité aujourd’hui encore, même si, au fanatisme religieux formant des communautés qui mettent en opposition le bien et le mal, vient s’ajouter depuis longtemps un fanatisme ethnique du bien. Ces deux justifications de la guerre se mêlent et s’entrecroisent mutuellement; actuellement, c’est la lutte pour des valeurs religieuses qui domine à nouveau l’actualité. La guerre civile subsiste, plus précise: elle est revenue, après qu’on l’ait crue maîtrisée dans le corset du cabinet absolutiste et des guerres modernes nationa-listes, et qu’on ait cru que la guerre froide appartenait définitivement à l’histoire. Avec la renais-sance de la guerre civile, le Léviathan redevient une valeur moderne: les opérations d’imposition de la paix, en particulier des pays occidentaux, tentent de reproduire le Léviathan. A la différence des opérations de maintien de la paix, cette reproduction du Léviathan n’a cependant pas réussi. Les intérêts particuliers pour les matières premières et pour les zones d’influence ainsi que, en parallèle, un nouveau fondamentalisme des valeurs sur lequel «l’Occident» se base pour justifier ses guerres, sont trop manifestes. Les opérations d’imposition de la paix sous le signe de la guerre contre «le terrorisme» ou contre «l’axe du mal» ne font au contraire qu’engendrer la guerre, en Somalie, en Afghanistan, en Irak et au Proche Orient. De ce fait, tout comme la guerre froide, la guerre contre le terrorisme acquiert à nouveau une dimension mondiale: elle détermine aujourd’hui la politique de sécurité de tous les Etats nationaux et conduit à une érosion massive des dispositions fondamentales du droit de la guerre, du droit international et des droits de l’homme. Cette guerre n’est ainsi pas seulement devenue sa propre génitrice, elle sape les fon-dements mêmes de la modernité.
La deuxième partie de la réponse de Thomas Hobbes est également d’actualité: en tant qu’affaires privées des citoyens et citoyennes, les convictions religieuses et ethniques, la philosophie moderne et libérale de l’Etat et de la société ne doivent pas peser sur la vie publique. En tant qu’affaires privées, les „croyances communautaires“ de religions ou d’appartenances ethniques spécifiques, ou les recherches de sens particulières et individuelles doivent être bannies de la vie publique, afin d’éviter la „cruauté“ (à la suite de Hobbes: Richard Rorty). Selon cette conviction, la guerre commence quand des individus convaincus de leur égalité naturelle ethnique ou religieuse, formant des communautés „naturelles“ liés par une mission d’ordre religieux, ethnique ou nationaliste, aspirent à transformer la société toute entière dans le sens de leur croyance. L’effet de cette mission est le nettoyage ethnique ou religieux, la persécution ainsi que le génocide. Le mécanisme fonctionne avec une uniformité stupéfiante. Au début du 21ème siècle, il est aussi moderne qu’au début du 17ème siècle de Thomas Hobbes. Puisque le Léviathan fait à nouveau son apparition dans le monde et que la séparation stricte entre les passions à convictions éthiques et les affaires publiques est à nouveau le centre du débat, la sociologie doit se poser des questions sur les conditions et les formes de la guerre.
Dans cet appel à contributions nous invitons tous et toutes les sociologues, ainsi que les représentants des disciplines sociales apparentées, à prendre part à ce débat, que ce soit sous la forme d’une contribution en plénière, de l’organisation d’un module, d’un atelier spécifique ou d’un exposé dans un module ou un atelier.
Les champs thématiques suivants sont prévus pour les exposés en plénière
- Les règles élémentaires de la guerre sont-elles en train de se décomposer?
- Convergence de la politique de sécurité et nouvelle globalisation de la guerre
- Guerre civile, „failed states“ et „terror“.
Appel à contributions pour les plénières
Prière de nous envoyer d’ici à fin mars 2007 un texte ou un résumé détaillé de 2-3 pages (par e-mail à:
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Appel aux organisateurs Si vous voulez organiser un module (= plusieurs ateliers) ou un seul atelier (quelle qu’en soit la forme) sur le thème du congrès, prière de nous envoyer une proposition de thème avec un appel à contributions pour cet atelier, avant fin mars 2007 (par e-mail à:
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