GENÈVE/GENF/GENEVA, 19 - 22 SEPTEMBRE/R 2001
     

français

MODULE : Cultural Studies/Cultural Studies

 
deutsch




Edouard BIZUMEREMYI6
Université de Genève,  edou6@hotmail.com

Hutu et Tutsi comme ethnies: une création coloniale et postcoloniale

Le 19ème siècle : Le Rwanda venait de construire une société partageant un "imaginaire national" malgré l'hiérarchisation au sein de ses catégories sociales. Cette "communauté imaginée" fut le résultat de multiples artefacts comme les mythes de même origine, une royauté sacrée, une société secrète abolissant les barrières et créant une "fraternité mystérieuse", une administration respectant le partage du pouvoir entre catégories. Avec l'ethnologie coloniale, de nouveaux discours, de nouvelles institutions, de nouvelles pratiques transformeront les catégories d’hier en ethnies sans origine commune. Cette nouvelle réalité rwandaise des "ethnies" différentes se consolidera dans la conscience des Rwandais jusqu’au génocide.

Viviane CRETTON5
Université de Lausanne,  vivianecretton@caramail.com

Terrain en crise et crise de terrain

Fidji est composé de Fidjiens, Indo-Fidjiens, Européens, Rotuman, Chinois, Insulaires du Pacifique et de partiellement Européen. Le 19 mai 2000 a eu lieu un coup d'état civil revendiqué au nom des "intérêts des Fidjiens indigènes". Dix jours plus tard, l'armée Fidjienne a tenté de redresser la situation en imposant la loi martiale sur tout le pays, en abolissant la première constitution démocratique de Fidji (1997). Suite aux turbulences politiques et sociales qui suivirent, les médias (TV, journaux, radio) sont devenus à la fois interprètes et acteurs cruciaux. Dans l'impossibilité d'effectuer une approche personnelle des chefs fidjiens, pour des questions de sécurité et d'éthique, ma pratique d'anthropologue s'est retrouvée interdépendante de la construction médiatique du coup d'état. Mon travail se concentre sur le contexte de surenchère informationnelle (rumeurs, médias) dans les représentations locales et globales avec une attention sur les prestations symboliques qui s’y sont déroulées.

Ursula GANZ-BLÄTTLER4
Département de sociologie Université de Genève,  ursula.ganz-blaettler@socio.unige.ch

Cultural Studies zwischen Kanonkritik und Kanonisierungswunsch

Die Cultural Studies stehen in einem paradoxen Verhältnis zum akademischen Kanonbegriff. Zum einen gehört mit ins Konzept dieser "Disziplin als Projekt", dass man sich hütet, bestimmte methodische Praktiken zu "goldenen Wegen" der Aneignung zu erklären oder bestimmte Texte zu "Klassikern" im Sinne eines zu tradierenden Bildungsgutes. Andererseits ist die Anerkennung der eigenen Tätigkeit in einem auf Kanonisierung bedachten akademischen Kontext unabdingbare Voraussetzung für eine wirksame Diffusion der Forschungsfragen und Erkenntnisse. Kanonisierung kann dabei auf zwei Arten geschehen: einerseits in Form einer Aneignung durch etablierte Vertreter unterschiedlicher Fachrichtungen, die Cultural Studies "nebenbei" unterrichten und sich dabei unter Umständen auf bestimmte, als "gültig" erklärte Aspekte beschränken. Oder durch eine langfristige Einbindung von Cultural Studies in die Curricula der Kultur- und Sozialwissenschaften, mit der Konsequenz der Anpassung an institutionseigene Konventionen und Regeln. Was steht in beiden Fällen auf dem Spiel - als Risiko, als Chance?

Udo GOTTLICH4
Rhein-Ruhr-Institut für Sozialforschung, Universität Duisburg,  goettlich@uni-duisburg.de

Cultural Studies und/oder Kulturwissenschaften

Die Cultural-Studies-Rezeption im deutschsprachigen Raum hat im Laufe der letzten zwanzig Jahre unterschiedliche Konjunkturen erlebt, die oftmals in einer kritischen Distanzierung von Seiten verschiedener Disziplinen wie z.B. der Ethnologie, Soziologie, Literaturwissenschaft und nicht zuletzt der aufstrebenden Kulturwissenschaft erfolgte. Oftmals sind es die bestehenden Grenzlinien zu den Geistes- und Sozialwissenschaften, die zu einem Konflikt mit den Cultural Studies und ihren Leistungen beitragen. In meinem Vortrag werde ich einige der bestehenden Probleme sowie die Rolle und Leistung der Cultural Studies in der Behandlung aktueller Fragen des sozialen Wandels und der Veränderungen sozialer Praxis diskutieren. Ziel ist es, das Selbstverständnis der Cultural Studies als interventionistisches Projekt im Vergleich zu den Kulturwissenschaften herauszuarbeiten.

Roman HORAK4
Institut für Kunst und Kulturwissenschaften,  roman.horak@uni-ak.ac.at

Die Rede von der Politik als Entpolitisierung

Seit geraumer Zeit geistern in den Debatten um Cultural Studies zwei Begriffe umher, die eine intendiert interventionistische Spielart dieser intellektuellen Praxis von einer bloss textuell orientierten unterscheiden sollen. Da ist einmal vom "Kontext" die Rede (interessanterweise hat es Stuart Hall bei einem Wiener Vortrag im letzten Frühlingvermieden, den Begriff zu gebrauchen), der simpel als daseiendes Ensemble von Bedingungen gedeutet wird, und da wird zum anderen die "Politik" bemüht. Mir scheint, dass - gerade in den deutschsprachigen Debatten - der beinahe schon rituell daherkommende deklamatorische Verweis auf die "Politik" schlechterdings entpolitisierend wirkt, weil er nämlich die notwendige Arbeit am Begriff des Politischen (im Spannungsfeld von "policy" und "politics") letztlich zu Gunsten einer Befassung mit dem "Kulturellen" fallen lässt. Dieses Referat will - von dieser Problematik ausgehend - die effektiven Artikulationen von "Politik" und "Kultur" in den Cultural Studies nachzeichnen und Vorschläge zur Rückgewinnung des "Politischen" anbieten.

Friedrich KROTZ4
Universität Hamburg,  f.krotz@hans-bredow-institut.de

Dogmatisch, verwirrt, gleichgültig oder pragmatisch? Zum Theorie-Interventionsproblem der Cultural Studies und der Sozialwissenschaften

Theorie und Intervention ist ein Thema, das die Sozialwissenschaft schon immer beschäftigt hat; es steht aber auch für die Cultural Studies auf der Agenda. Dabei ist die Spanne für Missverständnisse gross: ? Jede Sozialwissenschaft basiert auf einem gemeinsamen Grundverständnis hinsichtlich dessen, was es zu untersuchen und worüber es Theorien zu bilden gilt - von daher liegt es nahe, Theorie und Intervention zu verwechseln; ? Jede Wissenschaft muss sozial verantwortlich sein - aber was genau heisst das? Wie unterscheidet man zwischen Erkenntnis, Parteinahme und Intervention? ? Jede ethnographische und interpretative Wissenschaft ist rekonstruktiv und untersucht das Handeln des Forschenden mit - legt also Reflexion und Kritik nahe. ? Obendrein ist jede Wissenschaft schon deshalb immer Partei, weil sie eine bestimmte Perspektive einnimmt, mindestens von der prägenden Kultur abhängig und damit ethnozentrisch ist. Wie das eine vermeiden und das andere tun? In dem Referat wird vorgeschlagen, sich am Pragmatismus zu orientieren.

Anne LAVANCHY5
Université de Neuchâtel,  anne.lavanchy@unine.ch

Un exemple de recomposition identitaire: les Mapuche Lafkenche de Valle de Elicura, Chili

Les Mapuche constituent l’un des peuples autochtones reconnus officiellement par l’Etat chilien. Or si ces critères d’appartenance déterminent une catégorie juridique, les repères identitaires restent fluctuants et malléables, et ce d’autant plus que les enjeux sont réels (accès à des subsides pour acheter des terres par exemple). Par ailleurs, "les Mapuche" sont loin de constituer une entité homogène: certains ethnologues ont distingué plusieurs "sous-groupes" selon des critères géographiques et environnementaux. Le plus récent semble être celui des Lafkenche, des "gens de la mer". Ma communication sera basée sur une vallée particulière, dans laquelle je compte axer mes recherches de thèse. Située à la frontière entre plusieurs "sous-groupes", c’est un lieu particulièrement intéressant pour mettre en évidence les ambivalences des sentiments d’appartenance (géographiques, ethniques et religieux) et les recompositions identitaires.

Véronique PACHE HUBER5
Université de Neuchâtel,  c.pache@utx.ch

Le mythe d'origine des Maheshwari en Inde, un instrument d'unification?

Cet exposé présente la conception particulière que le mouvement associatif maheshwari, créé à la fin du dix-neuvième siècle, se fait de la caste et s'intéresse aux dispositifs qu'il a élaborés pour réunir en une seule entité tous les Maheshwari passés, présents et à venir, vivant en Inde et ailleurs. Centré sur l'étude du processus de "production de la caste", il dépeint les nouveaux repères identitaires que ce mouvement associatif a élaborés dans le cadre de son projet d'unification; il analyse plus particulièrement le mythe d'origine de la caste et les pratiques culturelles dévéloppées autour de Mahesh, le dieu fondateur des Maheshwari.

Berno STOFFEL6
Religionswissenschaft Univesité Fribourg,  berno.stoffel@unifr.ch

Le rôle des médias dans la mutation de l’identité sociale des chamanes en Corée du Sud

La situation religieuse de la Corée du Sud est caractérisée par une grande variété de religions ainsi qu’une tolérance de haut degré. Suite à des phases de répressions pendant la Yi-Dynastie (1392-1908), la colonisation japonaise (1908-1945) et la phase de l’industrialisation (après 1962), le chamanisme reste fortement stigmatisé. Composée majoritairement de femmes, cette religion autochtone a survécu dans la clandestinité. Depuis les années 80, l’identité sociale des chamanes a subit des mutations. La scène des rituels a transité au théâtre public, et parallèlement les médias ont accordé une place plus importante aux chamanes. Deux raisons en sont fondamentales: Le gouvernement soutient les activités de certaines grandes personnalités de chamanes à l’aide d’un programme culturel. A l'autre côté des extraits de rituels chamaniques ont été utilisés lors de manifestations politiques par des étudiants opposés au régime militaire et par des employés militant contre l’exploitation et la violence.

Nicolas YAZGI6
Université de Neuchâtel,  nicolas.yazgi@unine.ch

Le musée comme lieu de construction identitaire individuel et collectif

Partant d’une recherche menée depuis 1999 dans le cadre d’un mandat pour la création du musée des moulins souterrains du Col-des-Roches (NE), je montrerai comment la création d’un musée constitue une conjoncture privilégiée pour la réappropriation positive d’une identité régionale fragilisée (la région du Locle a été très sévèrement touchée par la crise horlogère et se dépeuple inexorablement depuis une vingtaine d’années). En suivant les importants enjeux biographiques, symboliques, politiques et budgétaires du processus dans un réseau complexe reliant le local au transnational, je montrerai que le "produit fini" (une interprétation réifiée de l’histoire régionale) est inséparable de stratégies identitaires individuelles et collectives parfois très conflictuelles qui se déploient dans une société en perpétuelle production d’elle-même. A la fois muséologue extérieur et ethnologue sur le terrain, je m’efforcerai de mettre l’ensemble de l’exposé dans une perspective réflexive.




Socio.01
Département de Sociologie, Université de Genève
Bd du Pont-d'Arve 40, 1211 Genève 4
Tél. (022) 705-83-02, socio01@socio.unige.ch